Le premier timbre
La naissance du timbre-poste
Un extrait de l’article Monika Nowacka publié dans Les nouvelles de l’estampe n°239 en 2012 La naissance du timbre-poste
Tel n’était pas l’opinion d’Étienne Arago (1802-1892) qui, nommé directeur de l’administration des Postes après avoir été l’un des principaux acteurs de la Révolution de février 1848, s’inspire du modèle anglais et réussit à faire voter au mois d’août 1848 le décret-loi qui institue le port de 20 centimes pour une lettre d’un poids de 7,5 grammes, de 40 centimes pour celle de 15 grammes et d’un franc pour celle de 100 grammes d’un bureau de poste à un autre sur le territoire métropolitain. L’entrée en application du nouveau système tarifaire est alors fixée au 1er janvier 1849. En raison d’un si court délai, on renonce à organiser un concours de maquettes ainsi qu’à faire appel aux Britanniques. L’administration des Postes confie la conception du timbre à Jacques-Jean Barre (1793-1855), graveur général à la Monnaie de Paris. Celui-ci propose son projet, réalisé selon les règles imposées par le ministère des Finances1, à la Commission des Monnaies qui choisit entre les deux maquettes réalisées celle exécutée au crayon. Elle représente Cérès, la déesse latine des moissons, symbole de fertilité et de la toute jeune République. Couronné d’épis de blé, pampres, branche d’olivier, le portrait est placé dans un cercle symbolique de la monnaie orné de grènetis, qui rappelle la valeur et le prix du service que cette petite estampe sur papier gommé est destinée à rendre...
Les dessins
Jacques-Jean Barre,projet du premier timbre poste français, lavis à l'encre de chine sur carton,1848Coll. L'adresse Musée de la Poste, Paris
Jacques- Jean Barre, maquette acceptée du premier timbre poste français, dessin au crayon sur plaquette d'ivoire,1848. Coll. L'adresse Musée de la Poste, Paris
Jacques-Jean Barre
a plusieurs procédés de fabrication à sa disposition mais, suite à son voyage en Angleterre dont l’objectif était de voir la fabrication du timbre-poste à l’effigie de la reine Victoria, il choisit la « taille en relief sur acier ou gravure typographique » pour son timbre. Il est convaincu que ce procédé est celui qui « offre le plus de garanties contre les faux ».
Anatole Hulot (1811-1891), spécialiste de galvanoplastie est nommé « Adjoint au graveur Général des Monnaies » en juin 1848. L’administration des Postes lui confie la reproduction galvanoplastique du poinçon de Barre, tandis que l’impression des figurines est dirigée par l’imprimeur Ghislain Taquin, promu au rang de « prote spécial ». Le poinçon original en acier gravé par Barre sert de matrice unique pour tous les timbres à l’effigie de Cérès qu’elle qu’en soit la valeur faciale, cette dernière étant gravée sur deux goujons amovibles. Le procédé de fabrication par galvanoplastie permettait de tirer des feuilles




